Les Sabots Libert'Air

#02 – Le cerveau, une sacrée machine !

Le cerveau, son fonctionnement

Qu'est ce qu'un neurone ?

Un neurone est une cellule du système nerveux. Ils ont pour rôle de faire circuler les informations entre l’environnement et l’organisme, ou au sein même de l’organisme. C’est une cellule excitable, c’est-à-dire qu’un stimulus peut entraîner un influx nerveux, un petit « courant électrique » pouvant être transmis à d’autres tissus ou neurones pour les activer à leur tour.

Ensemble, ils forment un énorme réseau, communiquant par le biais des « axones » et traduit par les synapses. C’est une sorte de SAS où l’information est traduite, transformée, d’un message électrique à un message chimique : Les neurotransmetteurs. Soit ils favorisent la propagation du message, soit ils limitent sa transmission.

Voici un neurone

Imaginons un petit arbre (neurone), où les informations sont reçues par les dendrites (branches), parcours les axones (tronc) et se divisent vers l'arborisation terminale ou bouton axonale (les racines) qui sont à leur tour connectés à d'autres dendrites l'information doit être transformée en message chimique, ce sas s'appelle les "synapses".

Synapse

Les terminaisons axonales et les dendrites des autres neurones ne se touchent jamais, c'est pourquoi, pour "discuter entre eux", l'information doit être transformée en message chimique, qu'on appellera "neurotransmetteur".

Ces neurotransmetteurs peuvent donc être excitateurs ou inhibiteurs. Je vous expose une liste NON exhaustive de ce qu’on peut trouver et leur rôle. Évidement, il va de soi qu’il en existe bien d’autres !

L’acétylcholine commande la capacité à retenir une information, la stocker et la retrouver au moment nécessaire. (ou trouble de la mémoire)

La dopamine crée un terrain favorable à la recherche de plaisir ou d’émotions, à l’état d’alerte, au désir sexuel. (ou démotivation, dépression)

La noradrénaline semble créer un terrain favorable à l’éveil, l’apprentissage, la sociabilité, la sensibilité aux signaux émotionnels, le désir sexuel. (ou démotivation, repli sur soi …)

La sérotonine semble créer un terrain favorable aux comportements prudents, réfléchis, calmes, voire inhibés. (ou tendance suicidaire, agressivité, irritabilité …)

Le GABA semble favoriser la relaxation. (ou trouble du sommeil, anxiété…)

L’adrénaline est le neurotransmetteur qui nous permet de réagir dans une situation de stress. (ou fatigue, trouble du sommeil, manque d’attention …)

Le cortisol est l’hormone du stress et de l’insomnie. En petite quantité, elle permet de réagir à un stress, en trop grande quantité, elle gèle les synapses. Les informations ne passent plus.
Par exemple, un excès de stress engendre une forte dose d’adrénaline et de cortisol, ils envoient donc comme message au corps qu’il y a un danger : Augmentation du rythme cardiaque. Pour y pallier, le système nerveux crée de la kétamine et de la morphine, des hormones anesthésiants (c’est pour ça qu’on a moins mal lors d’une grosse blessure, le système se met en « survie »). Si l’élasticité du cerveau en vient à être impacté, on entre alors dans un état de sidération psychique, les synapses sont gelés, les informations ne passent plus. Nous « n’habitons plus notre corps ».

Zoom sur les différentes parties du cerveau

Un cerveau primitif, le cerveau Reptilien

C’est le cerveau des poissons, reptiles et amphibiens, il gère toutes les fonctions vitales.
Il se compose de différentes structures qui commandent les comportements de routine, indispensables à la survie : manger, boire, dormir, se reproduire, attaquer, fuir, connaître l’espace …

L’hypothalamus et l’hypophyse sont les chefs d’ochestre des comportements primitifs, génèrent les pulsions et assurent la réfulation des fonctions vitales.
Alors que le Thalamus réceptionne les informations liées aux sensations, sauf l’odorat qui a son propre bulbe olfactif chez le cheval. Il les analyse et les transmet au cortex céréable. Quant à L’hypothalamus, lui, il convertit les informations / signaux.

Un cerveau moyen, le système limbique ou paléocortex

Il enveloppe le cerveau primitif, reptilien. Il n’apparait que sur les oiseaux et les mammifères. Les poissons, reptiles et amphibiens, comme dit plus haut, sont dépourvus de ce système et n’ont, de ce fait, pas accès à la mémmoire à long terme ou aux émotions.

En effet, étroitement relié à l’hypothalamus par le fornix, l’hippocampe gère la mémoire à long terme et la mémoire spatiale et permet alors de nouvelles aptitudes comme l’apprentissage, la structuration de l’espace, aptitude au jeu, le healing (communication audiovocale).

L’amygdale, elle, vient apporter une coloration affective aux mécanismes. C’est l’apparition des émotions ! Le plaisir, l’angoisse, la colère, l’amour, la haine ……

C’est grâce à l’interractivité entre l’hippocampe et l’amygdale que les évènement liées à une réaction émotionnelle s’inscrivent plus facilement et durablement dans la mémoire.

Complexe et fragile, il n’est pas rare de constater des lésions au niveau de ces zones selons les expériences et apprentissages subient. Néanmoins, ils jouent un rôle important dans le circuit de la récompense (circuit mésolimbique) que nous verrons dans un prochain article.

Un cerveau supérieur, le néocortex

Englobant tout ce beau monde, nous retrouvons le néocortex. Il constitue la matière grise, où sont logés nos fameux neurones et plus profondément, la matière blanche où se croisent les axones. (ils sont très long)

On parlera de couche de cellules en qui concerne la matière grise. Les couches de cellules associatives qui permettent à l’humain la pensée logique, la dissociation, l’anticipation, l’imagination sont inexistantes chez le cheval. Il n’est pas construit pour associer (scoop !) c’est-à-dire « réfléchir et comprendre » (oups !). Il  ne peut que ressentir, sensoriellement et affectivement.

Le néocortex se subdivise encore en 4 lobes (frontal, pariétal, temporal et occipital).

Imaginez une machine avec 100 milliards de neurones, s’interconnectant et transportant les informations internet et externes dans les bons sas de traitement et commandant ainsi notre corps, nos émotions, nos réactions …! Magique non ?

Il existe de très nombreuses voies de communication entre le cerveau reptilien et le système limbique mais les échanges avec le néocortex, chez le cheval, sont plutôt indirectes.
En sommes, les comportements vitaux du cerveau reptilien se voient donner une coloration affective qui influe sur la décision et le mode d’action alors que le néocortex sensorimoteur du cheval supervise plutôt la mise en action de la décision affective finale.

 

Au fur et à mesure de l’évolution, le cerveau de l’Homme à développé une particularité propre à son espèce. En plus de couches de cellules associatives, il a développé une asymétrie anatomique et fonctionnelle. L’hémisphère gauche, aussi appelé « cerveau gauche » est donc plus dominant pour les processus logiques, analytiques et l’hémisphère droit, aussi appelé « cerveau droit » plus compétent pour les processus holistiques.

Cependant, le cheval, comme la majorité voire la totalité des mammifères, n’ont pas développé cela et sont restés sur un fonctionnement symétrique. Il n’y a donc aucune logique à impliquer au cheval un des deux hémisphères dans une fonction spécifique comme on peut l’entendre de certains chuchoteurs …… (gloups!)

Les neurones miroirs

Les neurones miroirs ou « cerveau mimétique » a été découvert par erreur ! Enfin, élucidé, car nous avions bien noté l’importance du mimétisme dans le développement et l’apprentissage mais le mécanisme biologique de son fonctionnement nous était encore inconnu jusqu’à ce que des chercheurs de l’université de Parme, Mr Rizzolati et son équipe, ne fassent une curieuse découverte !

Alors que l’équipe observait par imagerie cérébrale quels neurones, mécanismes, parties du cerveau étaient sollicités dans le mouvement d’un geste simple comme prendre une cacahuète, ils se sont aperçus que les connexions du chimpanzé s’activaient qu’il fasse l’action ou si il l’observait. Donc lorsque j’observe mes cavaliers en train de sauter un obstacle, j’ai aussi dans mon cerveau, toutes les connexions nécessaires pour sauter et … bien souvent … je me mets moi aussi en équilibre !

Les neurones miroirs agissent en réciprocité et ont pour fonction de se « brancher sur l’Autre », … comme en Wi-Fi ! Ils décuplent ainsi notre capacité à percevoir les gestes d’autrui, ses actions et ses intentions. Quand nous observons un troupeau de chevaux en train de brouter et que casi-instantanément ils lèvent tous la tête et décident – ou non – de partir, c’est ce système miroir qui est en action et qui à déclencher – ou non – un mécanisme lié à la fuite.

Les neurones miroirs nous influencent mais influencent aussi le comportement de l’Autre. Grâce aux cerveaux développés des humains, les neurones miroirs fournissent les supports neurostransmetteurs de l’empathie, la capacité de pouvoir se mettre à la place de l’Autre et favorisent un climat de collaboration. Chez l’animal, cela permet d’avoir un langage non verbal plus clair, plus proche de ce qu’ils connaissent et donc favorise aussi des demandes ou échanges légers.

En énergétique, magnétisme ou spiritualité, on parle aussi de l’effet miroir. La nuance se retrouve dans nos propres fonctionnements, conditionnements. Prenons l’exemple d’un film d’horreur, voyant l’action, je peux décider de m’identifier soit à l’agresseur, soit à la victime. Certains seront incapable de suivre la scène puisque qu’ils s’identifieront à la victime, d’autres en riront car ils auront la capacité de prendre du recul ou parce qu’ils s’identifieront à l’agresseur. (le tout étant à prendre avec beaucoup de pincette puisque cela dépends vraiment de chacun).

C’est aussi la raison pour laquelle, avant de cotoyer nos chevaux, nous optons pour des exercices de respiration, recentration pour ne pas « polluer » le cheval. D’où notre petite phrase préférée « Qu’ils nous portent, oui. Qu’ils nous supportent, non ! ».

A ce jour, la science tente d’établir des corrélations, des liens entre ce système miroir et l’intuition, l’autisme ou l’apprentissage au sens large (motivation, méthodes, socialisation …).

Pourquoi savoir tout ça ? Et bien déjà, parce que je trouve cela passionnant ! Ensuite, parce que je suis intimement convaincue que plus nous connaissons le fonctionnement des choses, plus il est à notre portée de pouvoir se l’approprier et de trouver notre manière personnelle de l’optimiser au mieux et pour le mieux. Cet échange non verbal a été observé chez la plupart des mammifères et même chez les pieuvres, mollusque apparue il y a 60 millions d’années !

Ce moyen de communication non verbal ne serait-il pas un fondement important dans la relation à l’Autre, et dans la relation au cheval ? Si oui, ne serait il pas vraiment dommage de s’en passer ?

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